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La création avec Rodin

1882 - 1892


Sous l’égide d’Alfred Boucher, Camille suit les cours de l’académie Colarossi et crée un atelier de sculpture avec des amies anglaises rue Notre-Dame-des-Champs. En 1883, Alfred Boucher part pour l’Italie et demande à son ami Rodin de le remplacer auprès de ses élèves. Auguste Rodin (1840 - 1917), de vingt-quatre ans plus âgé que Camille, est ébloui par sa beauté et sa précocité.

Va naître alors entre les deux sculpteurs, malgré la distance de l’âge, une liaison sans précédent dans l’histoire de l’art : d’élève, Camille devient, dans l’atelier de Rodin, rue de l’Université, le modèle, la praticienne, l’amante et l’émule. Pendant la période où les amants travaillent de connivence, la main de Camille se confond avec celle de Rodin dans certaines œuvres du génial sculpteur.

Des esquisses modelées par Camille s’identifient aux damnés de la Porte de l’enfer et des Bourgeois de Calais.
La Tête d’esclave, l’Avarice et la Luxure, l’Homme aux bras croisés, Giganti, l’Homme penché sont enrôlés parmi les réprouvés de Rodin.
La Jeune fille à la gerbe resurgit sous la signature du maître en Galatée ou Frère et sœur.

Pendant ces premières années de liaison, Camille poursuit son œuvre de portraitiste de ses proches avec la Vieille Hélène, le Jeune Romain et sa sœur Louise.

En 1887, Camille quitte le domicile familial et vit dans un atelier loué pour elle par Rodin la Folie Neubourg ou Clos Payen, 68 boulevard d’Italie.

En 1888, Camille est lauréate de la société des artistes français pour Cacountala. Son buste d’Auguste Rodin émerveille le modèle et avec Psaume Camille conquiert définitivement la pleine maîtrise de son style.

Le drame d’un avortement en 1892 consomme la rupture avec Rodin, et le départ de son frère Paul pour les Etats-Unis détermine Camille à s’affranchir de l’emprise du maître.

Des inspirations communes

La sculpture est née du « besoin de toucher, de la joie presque maternelle de la terre plastique entre les mains ».

On peut dire cela de tout sculpteur vraiment né pour son art. Camille comme Rodin sculpte par profils, produisant des œuvres dont les surfaces miroitent de bosses et de creux, qui agissent de l’intérieur.
_ Si les thèmes sont fréquemment voisins chez Rodin et chez Camille, l’esprit qui les anime est différent.

Les thèmes du couple et de la danse sont interprétés selon leur sensibilité particulière.

L’ Abandon a souvent été rapproché de l’Éternelle idole(Rodin) ou du Baiser (Rodin), la Valse de l’Eternel printemps.

Chez Camille, l’amour inspire un état d’âme partagé, un échange ; chez Rodin l’amour est un acte érotique.

Le thème de la vieillesse chez Camille signifie la tristesse du temps qui passe (Clotho) et non la déchéance du corps (la Vieille Heaulmière) comme chez Rodin.

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